• Qui a dit que ce blog était mort ?

    Bon OK, ma vie a légèrement basculé (vers du ++, je vous rassure), d'où cette absence de quelques mois semaines.

    Malgré tout, il y a des habitudes qui ne changent pas ! Bien que je répète après chaque festival de Cannes que ce sera le dernier, et bien non, je ne résiste jamais à la tentation de redemander mon accréditation...

    Donc quid de cette 63e édition ? (et 3e me concernant ?)

    Dans l'ensemble, j'ai été assez déçue des films que j'attendais (le Woody Allen, qui livre une comédie mineure, le Takeshi Kitano, sans intérêt, ou encore le Daniele Luchetti, dont "La Nostra Vita" est bien en-deça de son dernier, "Mon frère est fils unique") et agréablement surprise par ceux que je fuis d'habitude ("Des hommes et des dieux" de Xavier Beauvois est magnifique).

     

    Sur 30 films visionnés, voici donc mes impressions générales :

    - les meilleurs de la compétition : "Another year" de Mike Leigh (une claque, mais un film injustement boudé du palmarès) ; "Biutiful" d'Alejandro Inarritu (prix d'interprétation bien mérité pour Bardem) ; "Des hommes et des dieux" de Xavier Beauvois ; "Poetry" de Lee Changdong (je vous le conseille, c'est très beau) et "The Housemaid" de Im Sang-Soo (lui aussi ignoré du jury) ; le chinois "Chongqing blues" de Wang Xiaoshuai ; "Uncle Boonmee" d'Apichatpong Weerasethakul, qui est un peu mon réalisateur choucou de ces dernières années (je n'en reviens toujours pas qu'il ait eu la palme d'or avec son film expérimental) ;

    - le pire (pour moi) : le Tavernier en costume -"La princesse de Montpensier"- car ce genre de cinéma m'ennuie profondément ; le film de Manoel De Oliveira, "L'étrange affaire Angélica", qui dure 1h25 mais semble en durer 4 fois plus ; "Chantrapas" d'Otar Iosseliani, trop désuet à mon goût ;

    - ceux qui m'ont laissée perplexe : "Outrage" de Takeshi Kitano, car vraiment, je n'ai pas compris ce qu'il lui a pris de faire un film aussi creux ; "Fair Game" de Doug Lima, énième film façon l'Affaire Pelican, mais sur un sujet qui arrive 8 ans en retard (l'histoire de la non-présence d'armes de destruction massive en Irak, masquée par le gouvernement Bush... super comme si on ne le savait pas) ;

    - hors compétition : j'ai été déçu par le woody Allen, mais enthousiasmée par le "Kaboom" de Greg Araki (vivement qu'il sorte en salle pour le revoir !) ; assez agréablement surprise par "l'Autre Monde" de Gilles Marchand (avec Louise Bourgoin qui joue bien, incroyable) ; bien emballée par "Simon Werner a disparu...", le premier film d'un réalisateur français nommé Fabrice Gobert. Le "Chatroom" de Nakata et "Les amours imaginaires" de Xavier Dolan, quant à eux, m'ont plu mais sans plus.

    Dans l'ensemble, j'ai trouvé ce cru 2010 un peu en-deça de ce que Cannes nous offre habituellement : pas toujours à la hauteur niveau cinéma, et moins glamour aussi (ou peut-être que j'ai inconsciemment complètement ignoré cette dimension du festival).

    Pour ceux que les critiques intéressent, c'est ici.



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  • Je suis allée voir hier soir le nouveau spectacle du cirque Eloize, intitulé Nebbia (brouillard en italien).
    C'était comme je l'imaginais : onirique, poétique, drôle et gracieux, le tout enveloppé d'une musique vraiment séduisante, entre culture nomade et lyrisme.

    J'étais déjà tombée sous le charme la première fois.

    Parfait pour marquer la fin de l'année !


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  • Noël 2009 a été affligeant, sans doute le pire de tous.

    J'aurais toutes les raisons de ma ruer sur la bouffe ou de me mettre minable en soirée, mais impossible : je suis clouée au lit avec une gastro post-traumatique. Pathétique.
    Du coup, et c'est la coutume de fin d'année, je suis dans ma période soirées DVD-je mets mon cerveau de côté-merci de ne pas me parler.

    En ce moment, je me plaît à redécouvrir L'amour extra-large des frères Farrelly, leur petit bijou méconnu. Et franchement ce film tue, tellement on ne l'attend pas au tournant.

    L'art de faire passer des vérités sur l'être humain ni vu ni connu :
    - Je me demande comment une fille aussi jolie peut être aussi gentille...
    - C'est l'effet vilan petit canard. La fille en chie tellement quand elle est enfant qu'elle développe sa personnalité de façon démesurée. Et lorsqu'elle devient belle, elle ne s'en rend même pas compte. En fait c'est normal, c'est la loi de l'évolution !


    L'art de vous faire penser à quelqu'un de votre entourage :
    - Mais pourquoi tu fais cette tête-là ? Elle est magnifique cette fille !
    - Mais t'as vu son orteil ? Il dépasse le gros orteil !
    - ...
    - C'est déguelasse !


    L'art de dire tout haut ce que certains pensent tout bas :
    - Tu es un garçon formidable, mais tu as un problème : tu ne t'intéresses qu'aux filles plus belles que toi...
    - Et alors !? Vous n'allez tout de même pas me reprocher d'être exigeant quand même !

    L'art de vous faire marrer par de simples mais efficaces comiques de situation :
    - Mais qu'est-ce que tu fous ? Pourquoi tu m'empêches de danser avec elles ?
    - Enfin, je viens à ton secours !
    - Quoi ? Mais tu es fou ? Regarde comme elles sont canons !
    - Tu parles des trois pachydermes ?!!!


    Enfin bref, si vous ne connaissez pas L'amour extra-large, ou si vous n'avez pas voulu le voir pour cause d'a prioris, franchement allez-y.
    Comme moi, vous serez peut-être surpris.

    N.B. Et en plus la BO est super, y a des titres old school de Phoenix !


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  • L'année touche à sa fin. Si personnellement 2009 a été assez extraordinaire, cinématographiquement je n'ai pas trop à me plaindre non plus. Tandis que mes accolytes d'Abus de ciné sont plutôt mitigés, pour ma part j'ai vraiment pris mon pied !

    Même s'il reste deux semaines de ciné, je peux d'ores et déjà dresser mon petit classement. Ces films m'ont conquise et marquée à vie (je pèse mes mots), je doute que l'Avatar de James Cameron y change grand chose.

    1. Noces rebelles, de Sam Mendes
    C'est le premier film que j'ai vu cette année, et sans doute celui qui restera gravé le plus longtemps dans ma mémoire. Rarement un film n'avait vu aussi juste sur l'amour, le courage et le poids de la société sur nos vies. Le tout servi par des acteurs exceptionnels. Pour moi, un véritable chef d'oeuvre.

    2. Là-haut, de Pete Docter et Bob Peterson
    OK c'est une animation en 3D, et l'on peut difficilement estimer la contribution d'un tel film au monde du cinéma. Mais j'ai été tellement émue par les 5 minutes sans paroles de l'introduction et l'acharnement du héros dans sa quête que je ne peux m'empêcher de me prosterner. Et c'est quand même dingue de passer du rire aux larmes aussi facilement !
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    3. Tokyo Sonata, de Kiyoshi Kurosawa
    Bon ben, gros coup de coeur. Pour le style faussement aseptisé, les personnages complètement déchaînés (c'est l'histoire d'une famille qui part en couille après le licenciement du père), le jusqu'auboutisme du scénario (il y a des switchs de malade), l'émotion cachée derrière le burlesque, et le final extraordinaire, qui m'a filé la chair de poule pendant 48 heures. Chapeau bas Monsieur Kurosawa.

    4. Un prophète, de Jacques Audiard
    Grosse claque de Cannes 2009. En plus c'était ma première projection, c'est dire l'effet enclume. C'est un film impressionnant par sa rigueur, sa minutie, son ambition. Pas mon type de cinéma à la base, mais là, difficile de ne pas saluer l'oeuvre.

    5. Boy A, de John Crowley

    J'ignore si ce film a marché, mais il le mérite. Il est question d'erreur de jeunesse, de rédemption, de droit à la vie. Et c'est juste magnifique.

    6. Harvey Milk, de Gus Van Sant
    J'ai fallit l'oublier, mais en renvoyant des images du film dans un magazine, je me suis rappelée combien j'étais sortie enthousiaste de la séance. Sean Penn, qui n'est pas forcément mon copain, est vraiment bon. La mise en scène est explosive, la musique géniale, c'est jubilatoire et hyper revigorant. J'ai évidemment pleuré à la fin.

    7. Welcome, de Philippe Lioret
    Vincent Lindon est juste, et l'histoire va droit au coeur. Impossible de rester de marbre devant une oeuvre aussi sensible, qui convoque direct les consciences.

    8. J'ai tué ma mère, de Xavier Dolan
    Ben oui, moi aussi j'ai craqué pour la révélation de la Quinzaine de la critique à Cannes. C'est super bien écrit, je ne suis pas forcément fan de la photo mais il y a du viscéral, là-dedans, qui m'a bien plu. Il y a notamment une scène hallucinante où le jeune protagoniste, interprété par Dolan lui-même, revient de soirée complètement défoncé et fait une déclaration
    surréaliste à sa mère. Vivement le prochain film.

    9. Gran Torino, de Clint Eastwood
    C'est typiquement le genre de film pour lequel j'ai d'abord de gros a prioris, avant de me résoudre à admettre que je me suis trompée. Je n'arrive pas à croire que l'on puisse faire un bande annonce aussi nulle pour un film aussi génial. Du coup je me suis réconciliée avec Clint.

    10. Delta, de Kornel Mundruczo

    Mon coup de coeur du festival de Cannes 2008. Sur le coup je lui ai décerné ma palme du coeur, mais le film n'a rien eu et est passé complètement inaperçu. J'en garde l'idée d'une oeuvre au charme discret, dur et poétique.

    ... et ceux que j'ai envie de citer : The Box de Richard Kelly (mon choucou, le réalisateur de Donnie Darko), Antichrist de Lars Von Trier, Still walking de Kore-Eda Hirokazu, La Petite fille de la terre noire de Jeon Soo Il, Pelléas et Mélisande de Philippe Béziat (un magnifique documentaire sur l'oeuvre de Debussy mise en scène en Russie par Olivier Py !), Les Beaux gosses de Riad Satouf, Le Temps qu'il reste de Elia Suleiman, Mary and Max de Adam Elliot, et bien sûr Wathever works de Woody Allen, qui ne vaut pas Vicky Cristina Barcelona mais a le mérite de revenir aux sources du style allenien.


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