Décidément, quelle journée de merde.
Malgré les vertiges, j'ai réussi à me traîner jusqu'à la gare pour acheter les billets de train pour l'entretien de lundi. Il faut savoir que lorsque l'on est sans ressources, l'ANPE vous offre le trajet en vous remettant un bon d'achat qu'il suffit de présenter à un guichet au moment de la réservation.
Cet après-midi, après 45 minutes de queue :
- Bonjour Monsieur SNCF, je voudrais un aller-retour Paris-Lyon pour lundi prochain. (J'hésite et parle à vois basse.) L'ANPE finance le billet. (Je tends le document.)
- Bonjour Mademoiselle Sylviette. Faites-moi voir ce papier... jamais vu moi...
(L'agent consulte son responsable pendant 10 minutes.)
- Mademoiselle Sylviette, donc départ lundi matin et retour le soir-même ?
- Oui.
- Très bien. Ca fera 62 euros.
- Mais, euh... (A voix basse.) L'ANPE m'a expliqué que ce bon fait office de paiement et que je n'aurais rien à avancer. Regardez, c'est écrit là justement !
A ce moment précis un type bourré et à l'hygiène douteuse, dans la file, hurle : "ouais c'est gratuit ! Faut pas vous laisser arnaquer mademoiselle ! Pour les chômeurs à la rue c'est l'ANPE qui paye ! J'y ai eu droit moi !" Je frémis. L'agent enchaîne, perplexe :
- Ah bon ? Un instant je vous prie.
(Encore 10 minutes de consultation. Un autre chef sa joint au groupe et les clients dans la queue s'impatientent.)
- Ah oui effectivement.
- Ouf !
- Mais... Mademoiselle Sylviette... Il nous manque le numéro de client !....
- Comment ça il vous manque le numéro de client ?...
- Ben oui, à l'ANPE ils ont oublié d'inscrire dans la case LEUR numéro de client. C'est comme un compte en banque. Nous sans ça, on peut rien faire pour vous !
- ...
- On réserve quand même le billet ? Après vous voyez avec eux, ils pourront sans doute faire quelque chose.
- ...
- Par contre ça vous fait 146 euros l'aller-retour
- (Gros moment de solitude.) Ecoutez laissez tomber, je vais y aller en stop.
- ...
- Au revoir messieurs SNCF, merci infiniment.
Je suis repartie hyper énervée. Je savais que ce n'était pas de leur faute, et en même temps je ne pouvais pas en vouloir à la petite nenette en emploi jeune qui traitait mon dossier à l'ANPE de s'être plantée : ça arrive à tout le monde. J'ai regardé ma montre : trop tard pour la contacter. En plus on est déjà le week-end, et le lundi matin l'agence où je suis affectée est fermée. Quand même, quelle poisse aujourd'hui !
Nouveau défi : frauder dans le train sans cette fois-ci me faire chopper
Publié par sylvietteisback à 20:24:52 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (18) | Permaliens
Je suis une personne sensible. Est-ce qu'il est possible d'avoir :
- envie de vomir
- des sueurs froides
- des palpitations
- des vertiges
- des insomnies
le tout à peu près en même temps pendant plusieurs jours d'affilée ?
Je veux bien être un peu stressée pour cette histoire d'entretien, duquel dépend peut-être ma vie (c'est pas en écrivant ça que je vais me détendre...), mais quand même !
Comme dirait un ex : il y a peut-être baleine sous le gravillon, surtout que ça fait bien deux mois que je suis un peu comme ça. Les émotions de ces derniers jours n'ont rien dû arranger.
J'ai vu aujourd'hui deux médecins, subi trois analyses de sang et payé pour 164 euros de frais médicaux. Tous les résultats tombent lundi, bien évidemment.
Le lundi...
Publié par sylvietteisback à 17:03:19 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (5) | Permaliens
Publié par sylvietteisback à 17:31:25 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (10) | Permaliens
Publié par sylvietteisback à 12:16:55 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (5) | Permaliens
Je me rends compte que passer de l'hyper-activité à la léthargie est tout à fait possible. Depuis que je ne travaille plus et que j'habite en banlieue, j'ai été touchée assez rapidement par le syndrome du fonctionnaire : quelles que soient mes tâches, je les réalise dans le temps qui m'est imparti. Ni plus ni moins. En d'autres termes, je ne fous pas grand chose mais j'ai besoin de toute la journée pour le faire.
On ne voit donc pas le temps passer, ce qui est assez traître, parce qu'on se retrouve à réagir en catastrophe pour aller poster les deux lettres qui attendent depuis trois jours (merde on est déjà en AOÛT ?!...). Et puis chaque petite mission devient une véritable expédition. Il est plus intéressant d'aller au bureau de poste au moment même où la pluie commence à tomber, parce que quitte à sortir cinq minutes, autant que ça soit spectaculaire !
Le plus beau est quand je prends la voiture pour aller faire mes courses : sortir de la ville, c'est comme partir en vacances.
J'ai une vie passionnante.
Publié par sylvietteisback à 17:43:49 dans Il y a des jours comme ça | Commentaires (3) | Permaliens
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Sylviette, bientôt 30 ans (snif), spécialiste du déménagement acrobatique.
Hier Rome, aujourd'hui Lyon, demain Pluton.
Toutes les photographies de ce blog, sauf mention particulière, sont de moi. Merci de ne pas les copier.
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