Dimanche matin, après avoir voté, j'ai sauté dans le train pour Paris.
Là-bas c'était assez mouvementé. Il faut dire que je cherche la merde :
j'ai passé la plupart de mon temps dans le quartier de Bastille, mon
fief, qui s'avère aussi être celui des anars à la main lourde. Au
restaurant, mon voisin de table frémissait à chaque fois qu'un car de
CRS ou qu'une ambulance passait devant notre fenêtre. Un peu plus tard,
les bombes lacrymogène m'ont causé une petite conjonctivite, mais rien
de bien alarmant.
L'événement le plus traumatisant, en réalité, a été de découvrir que près de la moitié de mes amis avaient voté à droite.
Je respecte les orientations de chacun, j'ai même rencontré récemment
un frontiste stéphanois sans pour autant avoir envie de lui casser la
gueule. Ce qui me surpend le plus, ce sont ceux qui ont changé d'avis
avec la présidentielle 2007. Merde alors, comment peut-on passer du
tout au tout ? On change de bord parce qu'on s'est enrichit, et qu'il
faut protéger ses (nouveaux) intérêts ? Les fluctuations que connaît
notre pouvoir d'achat est-il donc le vrai baromètre de nos convictions
politiques ?
Sans polémiquer, je dois dire que ce constat me chagrine. Bien sûr mes
amis restent mes amis, leur personnalité et la complicité que
j'entretiens avec eux vaut bien plus que le bulletin de vote qu'ils
glissent dans l'enveloppe.
(Mais quand même...)