Lire des récits de voyage fait du bien aux méninges, émoustille l'imagination que nous avons perdue et permet de remettre certaines choses à leur place dans la vie en général. Livre d'un flâneur émerveillé, L'Usage du monde de Nicolas Bouvier raconte sa lente et heureuse dérive, dans les années 1953-1954, entre Genève et le continent indien.
Toutes proportions gardées, certaines impressions de l'auteur m'ont ramenée au souvenir de l'Italie et de mon aventure romaine. Je tenais alors à jour un blog d'expatriée, qui entretenait mon propre émerveillement et me permettait d'immortaliser rigoureusement mes expériences. Un journal de bord comme celui de Nicolas Bouvier : Ce qu'elle (la ville) pouvait déjà donner comptait plus que ce qui lui manquait encore. Si je n'étais pas parvenu à y écrire grand chose, c'est qu'être heureux me prenait tout mon temps. D'ailleurs nous ne sommes pas juges du temps perdu.
Autre passage qui me parle:
Ces grandes terres, ces odeurs remuantes, le sentiment d'avoir encore devant soi ses meilleures années multiplient le plaisir de vivre comme le fait l'amour.
Enfin :
Finalement, ce qui constitue l'ossature de l'existence, ce n'est ni la famille, ni la carrière, ni ce que d'autres diront ou penseront de vous, mais quelques instants de cette nature, soulevés par une lévitation plus sereine encore que celle de l'amour, et que la vie nous distribue avec une parcimonie à la mesure de notre faible cœur. <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p>
</o:p>
Merci Pierre pour cette lecture.