Ce soir, j'ai assisté à un événement terrifiant.
Je sortais d'un pub du quartier de Saint Paul, à la suite du matche de
rugby France-Irlande. Les rues étaient pleines de bonne humeur, de
tapes dans le dos et de franche camaraderie. Tout le monde se parlait,
Irlandais et Français confondus, dans une ambiance de paix.
Un groupe d'amis m'accompagnait. On avait faim et on se demandait où on pourrait bien manger.
" Au Tandoori ! Tu verras, la sauce là-bas elle pique vraiment !"
Puis j'ai vu une voiture de police banalisée s'arrêter net, trois
énergumènes en sortir, surexcités, et massacrer deux joyeux fêtards qui
sortaient du bar. L'un s'est retrouvé propulsé contre un poteau
métallique, le T-shirt déchiré. L'autre s'est retrouvé plaqué contre la
voiture, les mains dans le dos. Les énergumènes étaient de la BAC, et
ils ont menotté avec violence les deux compères.
La foule a cessé de respire, puis s'est mise à brailler.
Le ton a commencé à monter, deux autres véhicules -cette fois-ci
clairement identifiables- ont rappliqué, stoppés net dans leur course folle par un coup de frein à main digne de Miami Vice.
Les policiers, une dizaine, ont poussé la foule, chahuté quelques
badauds, insulté les plus récalcitrants et menacé les passants curieux.
Mes jambes tremblaient, on se serait crus dans un mauvais film un peu
trop réel. Jamais je n'ai vu une telle violence physique et verbale sur l'espace
public. J'avais la trouille de m'en prendre une, moi aussi.
J'ai oublié de préciser que les deux personnes qui ont été arrêtées
sont des amis à moi. Il y en a même un qui vit chez moi pour l'instant.
L'enfer brûlant ?